Contraception forcée :
Des femmes reconnues et indemnisées

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Contraception forcée : Des femmes reconnues et indemnisées

Entre 1960 et 1991, des milliers de femmes et d’adolescentes groenlandaises ont été soumises à une contraception sans leur consentement, dans le cadre d’une politique menée par le Danemark visant à réduire le taux de natalité au Groenland.

Des dispositifs contraceptifs, notamment des stérilets, ont été imposés à leur insu ou sans information claire, parfois dès l’adolescence. Cette politique a concerné au moins 4500 femmes et s’inscrivait dans une logique de contrôle démographique exercée par l’État danois sur la population groenlandaise.

Ces pratiques ont eu des conséquences lourdes et durables. De nombreuses femmes ont subi des séquelles physiques et psychologiques, certaines ayant été rendues stériles sans jamais avoir donné leur accord.

Cette violence institutionnelle a profondément marqué les trajectoires de vie des femmes concernées et a laissé des traces encore visibles aujourd’hui, tant sur le plan individuel que collectif. Elle continue également d’influencer la relation entre le Groenland et le Danemark, en ravivant une histoire coloniale douloureuse.

En 2025, le gouvernement danois a officiellement reconnu la gravité de ces faits et présenté des excuses publiques. Il a annoncé la mise en place d’un dispositif d’indemnisation de 40 000 euros pour les victimes, qui pourra être demandé à partir de juin 2026, sous réserve de fournir un récit crédible et une attestation sur l’honneur.

Cette indemnisation vise à reconnaître les violences subies et leurs conséquences, tout en rappelant que cette reconnaissance, aussi nécessaire soit-elle, ne peut effacer la douleur vécue par les femmes concernées.

Cette décision marque une étape importante dans la reconnaissance des violences faites aux femmes en matière de droits sexuels et reproductifs. Elle rappelle que les politiques de contrôle des corps, même lorsqu’elles sont présentées comme sanitaires ou démographiques, peuvent constituer de graves atteintes aux droits fondamentaux. Si l’indemnisation ne répare pas les préjudices subis, elle contribue à rendre visibles ces violences et à affirmer que le consentement des femmes ne peut jamais être ignoré.

Lien vers l’article : https://www.amnesty.fr/chronique/spirale-infernale

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À retenir

Cet article s’inscrit dans une démarche d’information fiable et documentée autour de l’IVG, de la contraception et de l’accès aux soins. Les données présentées s’appuient sur des sources scientifiques, institutionnelles ou professionnelles reconnues.

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